Les franchises médicales : vers une médecine à 2 vitesses

Publié le par Rédacteur

undefinedLa santé est un droit pour tous. Malheureusement les mesures décidées par Nicolas Sarkozy auront des conséquences qui ne feront que creuser les inégalités entre ceux qui auront accès à tous les soins et à la prévention et ceux qui seront obligés pour des raisons financières de ne plus se soigner correctement. Aujourd'hui, un article du Monde montre que certains malades en arrivent à des formes d'action dramatiques pour faire reculer le Président de la République. Il faut bien sûr que ces actions cessent parce que elles mettent en danger la vie de ceux qui les mènent : c'est donc à nous tous de nous engager pour faire reculer l'état ! Vous pouvez signer la pétition du Collectif national contre les franchises et pour l’accès aux soins pour tous.

Des malades arrêtent de se soigner pour dénoncer les franchises (source : LE MONDE du 18.01.08)

Il a choisi ce mode radical d'action car, "à notre époque, il faut faire des choses un peu provocantes si on veut se faire entendre". Bruno-Pascal Chevalier, 45 ans, travailleur social et malade du sida, a entamé "une grève des soins" pour protester contre l'instauration des franchises médicales et l'augmentation des déremboursements de médicaments.

Affirmant agir au nom de "toutes les personnes exclues du système de santé", M. Chevalier ne prend plus son traitement depuis fin septembre 2007 mais n'a rendu publique son action qu'après l'entrée en vigueur des franchises, le 1er janvier. Jeudi 17 janvier, l'Association française des diabétiques a fait savoir qu'un patient traité à l'insuline avait lui aussi cessé son traitement, mettant dorénavant "sa vie en jeu". Un insuffisant rénal a fait part de la même initiative.

Depuis le début de l'année, les assurés sociaux ne sont plus remboursés de 50 centimes d'euros par boîte de médicament et acte paramédical, et de 2 euros par transport sanitaire, dans la limite d'un plafond de 50 euros par an. Ces franchises, qui s'appliquent notamment aux malades en affection longue durée (ALD), s'ajoutent au forfait d'1euro sur le remboursement des consultations médicales, instauré en 2004, et aux 18 euros sur les interventions hospitalières dépassant 91 euros.

Un "collectif national contre les franchises médicales et pour l'accès aux soins pour tous", a été mis en place à l'automne 2007, réunissant partis de gauche et associations de patients, et soutenant une pétition de plus de 86 000 signatures.

Le 3 janvier, il écrivait à Nicolas Sarkozy, pour demander "l'abrogation de cette loi injuste". "Avec la franchise médicale, chacun de nous se sent responsable voire coupable d'être malade, et, par cette faute, nous allons devoir payer pour l'accès à ce droit fondamental qu'est celui de la santé", écrivait-il.

Le principe de ces contrats, instaurés en 2004, est de ne pas rembourser les forfaits et franchises, afin de responsabiliser les patients dans leur consommation de soins, tout en n'augmentant pas le coût des cotisations. Selon la Mutualité française, si elles devaient être prises en charge par les complémentaires santé, les franchises impliqueraient une hausse de 15 % à 20 % des contrats.

Cécile Prieur

Chiffres

Remboursements. En 2006, les dépenses d'assurance-maladie du régime général (54 millions de personnes) ont représenté 132,1 milliards d'euros, dont 60 % consacrés aux remboursements des soins des 7,7 millions de patients souffrant d'une affection de longue durée, prise en charge à 100 %.

Coût des traitements. L'assurance-maladie rembourse les soins hospitaliers à 95 %, les médicaments anticancéreux à 100 %, les consultations médicales à 65 %. Le traitement d'un diabétique représente 6 000 euros par an, celui d'un patient sévèrement hypertendu, 5 500 euros. Le traitement d'un cancer varie de 17 800 à 32 500 euros. La prise en charge d'un malade d'Alzheimer est de 8 400 euros par an.

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